Leurs Bilans

Le salaire moyen tout temps de travail confondus des femmes est inférieur de 27% à celui des hommes et elles occupent plus de 80% des temps partiels. Les inégalités structurelles dont elles souffrent sur le marché de l’emploi se retrouvent dans tous les autres domaines. Les femmes sont victimes de violences spécifiques parce qu’elles sont femmes. Elles sont aussi les premières victimes des politiques d’austérité menées depuis plusieurs années. La diminution drastique des dépenses publiques qui met en danger les services publics les touche particulièrement : sur l’accès au droit à l’IVG (150 centres IVG fermés en 10 ans), sur l’accès aux soins (notamment l’éloignement des services de maternité), menace sur les moyens de garde des enfants (subventions des crèches privées au détriment des crèches publiques, favorisation de la garde individuelle des enfants...).  La diminution, voire la suppression des subventions publiques, menacent l’existence des associations féministes qui oeuvrent tous les jours pour défendre les droits des femmes.

Pendant son mandat, Sarkozy a été précurseur  : destruction des services publics, en particulier de l’hôpital,  orchestré par la loi Hôpital Patient Santé Territoire qui a provoqué la fermeture de CIVG, attaques destructrices du code de travail, chômage, précarité, tout cela au profit des entreprises du CAC 40 grâce, par exemple, à la suppression des cotisations sociales pour les patrons alors qu’en même temps il augmentait la TVA. Aux pauvres de payer la dette accumulée pour favoriser les riches.

Hollande, malgré ses belles promesses de campagne, s’est inscrit dans la continuité de son prédécesseur sans jamais remettre en cause ses régressions.

La loi Rebsamen, en supprimant les rapports de situation comparée a provoqué un recul en matière de lutte contre les inégalités femmes/hommes dans le monde du travail.

La loi sur la sécurisation de l’emploi, la loi Macron et la loi travail ont permis la déréglementation du code du travail et développé la flexibilité et la précarisation des employé-es au profit des entreprises : possibilité  d’augmenter le temps de travail, licenciements facilités, extension du travail du dimanche, inversion de la hiérarchie des normes. Ces lois accroissent la précarité des femmes, elles qui occupent plus de 80% des temps partiels et sont particulièrement vulnérables à la déréglementation des cadres protecteurs légaux.

Le quinquennat de Hollande a apporté aussi des éléments positifs pour les droits des femmes tels la création du Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes ou l’instauration du mariage pour tou-tes. Les progrès les plus notoires se situent en matière d’avortement : suppression dans la loi de “l’état de détresse” et de ce fait reconnaissance de l’avortement comme un droit, meilleur accès à l’information,  remboursement à 100 % de tous les examens nécessaires à l’avortement, suppression du délai de réflexion de 7 jours.

Malheureusement Hollande  a  cédé face aux courants réactionnaires  qui ont réussi à faire enterrer les ABCD de l’égalité à l’école, menacent le droit à l’IVG et refusent la PMA pour toutes les femmes.

 

ABCD de l'Égalité, un pas en avant, un pas en arrière.

Le programme expérimental des « ABCD de l’égalité » est lancé à la rentrée 2013, à l’initiative de Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes, et de Vincent Peillon, ministre de l’Education. Déployé dans un premier temps sur 600 classes de la grande section de maternelle au CM2, réparties dans une dizaine d’académies, ce programme se donne pour ambition de passer de la théorie à la pratique en matière d’éducation à l’égalité. Basé sur les travaux de chercheuses et chercheurs spécialisé-es dans les études de genre et les questions d’égalité, il se décline en un plan de formation des personnels, une sélection de ressources ainsi qu’une quinzaine d’heures d’enseignement visant à déconstruire les stéréotypes sexistes et à sensibiliser les élèves à la lutte contre les violences faites aux femmes. Après une évaluation en juin, il aurait dû être généralisé à la rentrée suivante.

Mais très rapidement, le dispositif est la proie de vives critiques de la part des courants réactionnaires, dans la droite ligne de la Manif pour tous. En plus de leurs habituels relais médiatiques et politiques, ils mènent bataille sur d’autres terrains, bien plus pernicieux : campagne des « Journées de retrait de l’école », lancés par Farida Belghoul, une proche d’Alain Soral, diffamation à l’encontre d’enseignantes… Si les organisations syndicales se positionnent clairement en défense des ABCD, la communication du gouvernement devient, elle, plus floue, Vincent Peillon déclarant même à l’Assemblée qu’il « refuse la théorie du genre », donnant par là du crédit au discours des intégristes.

Début avril, Benoît Hamon le remplace et devient alors ministre de l’Education nationale du premier gouvernement Valls, un poste qu’il n’occupera que quatre mois. Il a tout de même le temps de signer la fin des ABCD, avant même la parution du rapport censé évaluer l’expérimentation. Tout en assumant qu’il veut désormais « utiliser la médecine douce » pour ne plus froisser les milieux traditionnalistes, il prétend généraliser les outils de lutte pour l’égalité à l'école. Dans les faits, il ne s’agit plus que d’un plan de formation facultatif pour les enseignant-es, dont le contenu est largement expurgé de ce qui faisait polémique – comme le mot genre – voire flirte dangereusement avec les théories différentialistes. Quoiqu’il en soit, ce revirement politique a pour effet immédiat de décourager les initiatives sur le terrain, dont le nombre marque une stagnation.